
D'abord, et surtout, la raison pour laquelle cette version est « légitime », c'est qu'elle ne se contente pas de recopier l'original en tous points. Certes, on y retrouve la plupart des scènes cultes et les événement sont donc attendus –bien qu'un peu modifiés pour certain-, mais surtout, Barratier étoffe son récit en le déplaçant pendant la Seconde Guerre Mondiale, à la fin de l'Occupation. On en attendait pas moins de la part cet homme qui aime à la fois les histoires d'enfants et les films tire-larmes. Donc oui, le réalisateur s'efforce d'ajouter une certaine gravité à l'histoire, qui l'éloigne de sa légèreté originelle pour la rendre un peu plus dense et un peu plus palpitante. Franchement ? Ca marche, on s'attache aux nouveaux personnages –Simone, alias Laetitia Casta et sa « filleule », Violette, jeune fille juive qu'elle tente de cacher- et du coup, on se plonge facilement dans l'ambiance, sûrement aidé par une musique dramatique et omniprésente. C'est facile, vu et revu, mais à chaque fois que la question juive est abordée, on est touché. Autre petite nouveauté, Lebrac tombe sous le charme de la jeune fille : petite love story donc, absente elle aussi chez Robert.
En revanche, si l'émotion « top budget » est respectable, Barratier semble oublier un tout petit peu son sujet en cours de route, tant et si bien que la dite guerre des boutons finit par être reléguée en second plan. Il y tient le Christophe à son ajout personnel, et on ne lui reproche pas mais au final, on se demande si le tout n'était pas prétexte à raconter cette histoire là, celle de Simone et Violette. Mais j'abuse un peu, les enfants ont quand même une place très importante dans cette Nouvelle guerre des boutons et la plupart sont d'ailleurs très honorables. Le Petit Gibus –Clément Godefroy- n'a pas l'étoffe de celui du film d'Yves Robert mais il reste à croquer, les autres se tiennent et la vraie révélation, mon coup de c½ur, c'est donc bien ce nouveau Lebrac, attachant et charismatique à souhait. Jean Texier, et sa vraie cicatrice feront à coup sûr craquer les jeunes spectatrices : très juste dans son jeu, on espèce qu'il saura tirer profit de cette exposition pour continuer sur cette voix, celle du cinéma. J'éviterais toute comparaison avec Jean-Baptiste Maunier, puisque je le vois d'avantage comme un nouveau Benoît Magimel, et d'après ce que j'ai pu lire ici et là, je ne suis pas le seul. A suivre, en tous cas.
Mais si les enfants font presque tout le sel du film, les adultes ne sont pas oubliés. Loin de là d'ailleurs. Car le film est destiné aux deux publics, il fallait donc bien que les deux générations soient représentées. Ainsi, on retrouve les habitués du cinéma de Barratier, alias Kad Merad et Gérard Jugnot, et surtout, le duo Laetitia Casta-Guillaume Canet, qui s'en sort très bien, même si les deux ne concourrent évidemment pas aux César –enfin, on pourrait être surpris-. Si personne ne fait d'étincelle, au moins le tout se tient, les acteurs se complètent et on y croit, à ce petit monde. Oui, même si on plonge beaucoup dans les facilités, on a là une nouvelle vision, plus dramatique, assez bien exploitée –la fin pourrait décevoir ceci dit- et au final assez différente de la précédente, donc louable. On peut reprocher à cette Nouvelle guerre des boutons tous les tics d'un cinéma populaire français bien décrié –émotions en conserve, amourette enfantine, musique incessante, acteurs « sans plus », etc...-, mais on peut difficilement lui enlever un esthétisme plaisant et un potentiel divertissant sans faille. Pas d'ennui, un bon moment à passer, le plaisir coupable par excellence. J'en attendais rien, mais je valide. --- ★★★
Film français. Comédie, Aventure. 1h40. Sortie le 21 septembre 2011. Avec Laetitia Casta, ...
Ecrit par Christophe Barratier, Stéphane Keller et Thomas Langmann. Réalisé par Christophe Barratier.
--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Films-Pour-Toi, Posté le samedi 18 février 2012 08:55
Pas trop aimé