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Soundtrack Science Fiction/Double Feature (The Rocky Horror Picture Show)

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“ 2 mois et aucune mise à jour... Oui, je suis un cas désespéré. Enorme coup de mou, je m'en excuse. Ça reviendra! ” - dimanche 22 juillet 2012 18:51

Création : 27/07/2009 à 14:48 Mise à jour : 24/05/2012 à 19:48

La passion des écrans !

Bienvenue sur Studio-Deuxième !

Bienvenue sur Studio-Deuxième !
--- Bienvenue dans l'antre d'un cinéphile qui regarde tout et n'importe quoi. Comme vous le constaterez, ici il y a majoritairement des critiques de films, mais aussi quelques articles divers. Sachez que je suis plutôt bon public, que j'aime plein de films que beaucoup n'aiment pas et inversement d'ailleurs. Considérez-moi comme un hérétique si vous le voulez. Aussi, certaines de mes critiques sont "anciennes" et donc maladroitement écrites, voir même quelques fois peu pertinentes. Je choisis de les laisser en ligne pour ne pas jeter en l'air le "travail" fourni mais je vous demande d'être indulgent, après tout je ne suis qu'humain. Couplet dramatique du plus bel effet, n'est-ce pas? Bon, sinon, vous trouverez un sommaire ici, et si vous avez peur des liens, il s'agit du tout dernier article. Je vous souhaite une agréable visite! =)
 

SOMMAIRE DU BLOG

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#Posté le mardi 19 avril 2011 11:14

Modifié le mardi 28 février 2012 10:35

W./E. Madonna, 2012

W./E. Madonna, 2012

--- Madonna, réalisatrice au cinéma. Deux cas de figure dans cette situation : soit on a aucune confiance en elle et on rit de ce film gentiment sans même le voir, soit on est curieux et on tente l'expérience quand même (bon, il y aurait certainement une troisième option : être fan absolu et se jeter sur le film, mais déjà à titre personnel, ça cloche). La curiosité, c'est le bien. Oui, il faut voir W./E.. Pas parce qu'il s'agit d'un chef d'oeuvre ou d'un film marquant dans l'absolu mais parce que l'essai, la proposition, et en fait, le film en lui-même, tout cela est intéressant à plusieurs points de vue.

Madonna (non, on ne s'habitue pas encore) dessine dans ce film un parallèle entre l'histoire d'amour contrariée entre Wallis Simpson et le Roi Edouard VIII en 1936 -relation évoquée d'un oeil négatif dans le ronflant Discours d'un Roi- et le regard qu'en porte, en 1998, Wally Winthrop, jeune femme malheureuse en mariage et définitivement paumée. La confrontation entre les deux lignes de temps et surtout l'identification de Wally (superbe brunette Abbie Cornish) à Wallis (Andrea Riseborough, exquise) permet de nombreux effets artistiques que la réalisatrice ne s'empêche pas d'effectuer : les transitions entre passé et présent sont parfois un peu malheureuses, mais elles ont le mérite de rechercher quelque chose d'un point de vue purement visuel (ou auditif, s'agissant parfois du son). Mais c'est surtout l'ambiance qui est à relever dans ce film. Le mal-être du personnage de Cornish et la tristesse du récit amoureux se lient pour livrer une espèce de mélodrame romantique clipesque sur les bords mais étonnemment touchant le temps à certains moments, et surtout joli. Les images sont belles, les décors et costumes splendides, on ressent l'influence musicale et on se retrouve parfois à penser à Evita, à la fois dans les thématiques abordées et dans la somptuosité de ce qui nous est montré. On peut bien évidemment penser que le lien est évident, puisque bon, Madonna est Evita (la référence est seulement faite au film d'Alan Parker, que ce soit dit) mais il reste malgré tout très subtil.

Maintenant, il ne s'agit évidemment pas de faire un film simplement beau. Car il est beau certes, mais il n'est pas (complètement...) en toc. Les deux femmes que l'on nous présente ont définitivement été prises d'affection par Madonna, qui les traite avec beaucoup de soin, et beaucoup de sensibilité. Mais quelque part, on a d'avantage tendance à les prendre en pitié qu'à les trouver réellement attachantes. Car si Wally s'identifie à Wallis, le spectateur lui est victime d'un effet de distanciation probablement involontaire qui l'empêche de vivre le film, de se sentir concerné. Il admire ces jolies plans, il s'incline devant les acteurs -ou reste stupéfait par la ressemblance entre James D'Arcy et feu Anthony Perkins-, mais ça va difficilement plus loin. Question de sensibilité comme toujours, mais le fait est qu'on se pose cette question : ressent-on l'ennui de Wally parce qu'on est plongé dans le film ou parce qu'on s'ennuie nous aussi? W./E. souffre d'un problème de rythme récurrent, certes pas sur l'ensemble, mais il est surtout trop atypique pour que l'on sache réellement où l'on se place. Une expérience en soi, ou juste une oeuvre bancale qui a du mal à trouver le bon point d'appui? Il y a de la passion derrière ce film, il y a de l'envie, il y a de la recherche et de l'implication. Madonna mérite l'attention qu'on lui portera, mais son film, aussi beau et touchant puisse-t-il être à certains égards, manque d'un soupçon de simplicité ou d'accessibilité. Une oeuvre curieuse et soignée, un coup d'essai honorable, quand même. --- ★★

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Film britannique. Drame, Romance. 1h59. Sortie le 9 mai 2012. Avec Abbie Cornish, A. Riseborough,
James d'Arcy, Oscar Isaac. Ecrit par Madonna et Alek Keshishian. Réalisé par Madonna.

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#Posté le mercredi 23 mai 2012 19:23

Modifié le jeudi 24 mai 2012 19:48

DIRTY GIRL Abe Sylvia, 2011

DIRTY GIRL Abe Sylvia, 2011

--- Derrière l'amas de clichés que sous entendent l'affiche et le synopsis (par ailleurs simpliste et erroné sur la plupart des sites référençant le film), se cache une petite perle condamnée à la terrible sentence du DTV en France. Une comédie dramatique d'une puissance émotionnelle complètement inattendue, là où on attendait à la limite une comédie fun et trash (merci le titre, merci le trailer). Loin de tout ça donc, le road-movie Dirty Girl suit les aventures de la jeune Danielle, ado rebelle vue comme la "putain" du quartier et de son bientôt meilleur ami gay Clarke. Tout commence lorsque, dans le cadre d'un cours auquel la jeune femme a été forcée d'assister, ils se voient tous deux confier la tâche d'élever un sac de farine comme leur enfant -eh oui, ils font ça aux Etats-Unis-. Ils font connaissance, à leur manière puis bientôt est soulevé le vrai problème du film, l'identité, qu'il s'agissent de l'identité sexuelle ou familiale, savoir d'où on vient, etc... Car Danielle n'a pas de père, et elle est décidée à le chercher. C'est pour cette raison qu'elle part, qu'elle quitte du jour au lendemain sa mère et le petit ami mormon de celle-ci pour retrouver son géniteur.

Dans une ambiance 80's on ne peut plus délicieuse -le film se déroule dans cette période, et par conséquent, on a droit à toutes les caractéristiques, du look aux musiques-, on apprend donc doucement mais sûrement à connaître ces personnages, chacun d'entre eux, des deux trublions principaux à leurs parents, surtout les mères d'ailleurs -compositions géniales par Milla Jovovich, surprenante, et Mary Steenburgen-. Et peu à peu, alors que l'on souriait ou riait lors des premières minutes, c'est l'émotion qui prend le dessus, une émotion qui ne sombre jamais dans le pathos, mais qui perce, comme ça, sans prévenir. A ce titre, Juno Temple mérite tous les honneurs. Car oui, c'est la raison pour laquelle on peut se pencher sur le film à la base -ah, cet amour pour les acteurs et ce qu'il nous fait faire-, mais c'est aussi elle qui finit par emporter l'adhésion totale : elle est resplendissante, elle crève l'écran mais surtout, elle livre une prestation tellement juste et tellement touchante qu'il est difficile de ne pas l'adorer. Jeune fille naïve et rebelle par défaut, elle est surtout l'image d'un petit agneau égaré qui ne sait pas d'où il vient, ni trop où il va, d'ailleurs. Elle est aidée par des acteurs très bons c'est sûr -Jeremy Dozier n'a pas à rougir-, mais voilà, elle fait la différence. Les propos du film (manque d'un père, cellule familiale éclatée, la perception de l'homosexualité aussi bien à l'époque qu'encore aujourd'hui) ont été exploités maintes et maintes fois au cinéma et à la télévision, et il est évident que le film n'apportera rien de plus, mais l'intention est aussi louable que le récit est efficace. On est dedans, complètement, on laisse couler quelques larmes (ou larmichettes, selon la fragilité de vos glandes lacrymales), on se surprend à sentir les papillons dans notre ventre. Faut-il être facile pour le vivre, faut-il se sentir concerné? Gros doute là dessus, l'écriture paraît suffisamment forte pour embrasser tous les spectateurs. Et puis, il y a de l'humour aussi, quand même.

Si vous n'êtes pas trop portés sur les comédies dramatiques émouvantes, ou sur Juno Temple (ce qui est bien sûr honteux), il reste l'attrait d'une bande-originale magique, entre Your Love de The Outfield ou le joli Don't Cry Out Loud de Melissa Manchester (sel d'une scène sublime, mais nous n'en dirons pas plus), ou bien de décors plaisants typiques du genre road-movie. Il y a aussi cet intérêt pour la relation entre les deux personnages principaux, une amitié hors normes et oui, une fois encore, touchante. Entre autres. A vrai dire, s'il fallait trouver des défauts au film -c'est marrant cette magie qui nous empêchent de les voir dès lors qu'on est tombé sous le charme-, on pourrait critiquer ce manque d'originalité, cette ré-exploitation de thèmes éculés, et peut-être même ce retour au passé inutile, voir une certaine morale trop bien-pensante. Mais voyons, ce ne sont ni des défauts (ou si peu), ni des problèmes, car le film est une réussite quoiqu'il arrive, du moins sur un plan... sensoriel, dirons-nous. Il ne marquera probablement personne (lire entre les lignes : SI, au minimum une personne hein), il ne restera pas dans les annales, mais il a au moins pour lui la beauté de ses idées, de son traitement magique, de ses acteurs en grandes formes et de tout ce qui a été énoncé plus tôt. Au diable l'objectivité si toutefois elle est nécessaire, Dirty Girl est un bijou, un film délicieux et subtil qui se cache derrière une apparence trompeuse de comédie de filles décomplexée. A voir d'urgence. Si vous le voyez une fois ces lignes lues, il vous paraîtra peut-être survendu, mais comme c'est souvent le cas ici, le coeur a parlé. --- ★★★★

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Film américain. Drame, Comédie (un peu). 1h30. Sortie indéterminée (prod 2011). Avec Juno Temple,
Jeremy Dozier, Milla Jovovich, Mary Steenburgen, Nicholas D'Agosto, ... Ecrit et réalisé par Abe Sylvia.

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#Posté le dimanche 20 mai 2012 09:05

Modifié le dimanche 20 mai 2012 10:19

HUNGER GAMES Gary Ross, 2012

HUNGER GAMES Gary Ross, 2012

---Tant attendu par des millions de fans dans le monde, l'adaptation du best-seller de Suzanne Collins, Hunger Games, est enfin arrivé sur nos écrans. De quoi réunir un bon petit paquet de spectateurs en salle, sans doute. Mais qu'en est-il de ce film que la presse compare bien trop souvent aux autres succès Harry Potter et Twilight ? (Il n'y a aucunement besoin de préciser que les trois sagas n'ont intrinsèquement rien en commun). Eh bien, tout n'est pas tout rose au pays de Panem, la future Amérique du Nord, car si le film assure le spectacle, il lui reste des défauts qui restent assez gênants. Tour d'horizon.

Le long-métrage est on ne peut plus fidèle à son modèle, l'histoire est en tout point la même : celle de Katniss, une jeune habitante du District 12 d'un pays en ruine, qui va devoir affronter 23 autres jeunes gens jusqu'à la mort dans une arène spécialement conçue pour cela. Un jeu télé nommé Hunger Games, destiné à punir les oppressés pour s'être révoltés 74 ans plus tôt, et présidé par le Capitole, la ville reine de ce monde futuriste. Dystopie corrosive et efficace, la version écrite est un excellent ouvrage, pensé, attachant et support d'une critique sociale certes déjà vue (Battle Royale et compagnie) mais néanmoins pertinente. Le film de Gary Ross lui fait honneur dans les grandes lignes, et assure bon nombre de points importants. Mais comme on pouvait s'en douter, il manque quand même pas mal de chose. Les personnages sont ici moins attachants, car il manque un élément essentiel du livre : la voix-off. Les pensées de Katniss, tout ce qui faisait qu'on l'aimait et ce, très tôt dans l'histoire. Là c'est celui qui a lu le livre qui peut s'attacher facilement, pour les autres, ça risque d'être plus difficile. Pareil pour des petits détails qui passent à la trappe et qui auraient mérité d'être adapté : l'ambiguïté et l'animosité ambiante entre les deux tributs Katniss et Peeta en début de livre, le grand final qui a oublié quelque chose qui faisait un effet monstre, etc... En fait voilà, dans l'ensemble, tout va trop vite, beaucoup de passages sont écourtés de moitié et des personnages ou des scènes vont droit aux oubliettes. Paradoxalement, les 2h21 (soit une durée assez longue) que durent le film semblent ne pas suffir. On ne s'ennuie jamais mais tout paraît moins important, plus urgent. En revanche, des ajouts sont judicieux -le personnage de Seneca Crane apparaît plus longuement et pour les bonnes raisons- et certaines astuces liées à la voix-off manquante convainquent (les explications au niveau du jeu notamment).

Mais faisons une brève pause dans les comparaisons. Le film en lui-même bénéficie de plusieurs atouts qu'il ne faut pas lui enlever : tout d'abord, ses acteurs. Jennifer Lawrence est un excellent choix, aucun doute là dessus, de même d'ailleurs pour le reste de la distribution : Josh Hutcherson, Woody Harrelson et Donald Sutherland qui en impose dans un rôle ici relativement court mais qui prendra de l'importance par la suite. Les décors sont pas mal du tout, surtout dans les richesses du Capitole, et restent fidèles aux descriptions de Collins. L'élément en plus, définitivement, c'est la bande-originale de James Newton Howard -quand même-, jamais trop présente, toujours efficace. Le petit air mélodique du geai moqueur est par ailleurs une merveille. Là où le film pêche vraiment, en dehors de toute déception personnelle quand aux choix faits pour le scénario, c'est dans la manière de filmer les scènes majeures, celles des confrontations. Comme si Gary Ross cherchait à détourner son propos, il se met à faire des crises d'épilepsie à chaque fois qu'une action devient trop "brutale", tant et si bien que ce qui faisait soulever nos coeurs lors de la lecture, nous font ici dangereusement souffrir la tête. Souvent illisible, ces combats, aussi prenants puissent-ils être, ne font malheureusement pas exactement l'effet escompté.

Malgré tout ça, Hunger Games version ciné reste un très bon film. Son support est assez puissant, et sa fidélité, ainsi que ses acteurs, ses décors, sa BO, et même sa réalisation quand elle est plus posée, lui font honneur. Souvent, la tension est présente et l'aspect psychologique, bien qu'écorché, reste correctement retranscrit grâce à une première partie peut-être longue -et encore, écourtée- mais pour le moins essentielle, et surtout grâce à une actrice qui inspire la confiance et l'attachement. Le coeur du film -à savoir les scènes dans l'arène- souffre aussi de cette "accélération" scénaristique, mais le tout reste divertissant, efficace et globalement réussi donc. Une nouvelle saga populaire ET de qualité est née (cette dernière remarque ne fait référence qu'à celle concernant le jeune sorcier à lunettes) et ce même si, il faut l'admette, un léger soupçon de déception demeure au (premier ?) visionnage du film. --- ★★★

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Film américain. Action, Drame, Science-fiction. 2h21. Sortie le 21 mars 2012. Avec Jennifer Lawrence,
Josh Hutcherson, ... Ecrit par Gary Ross, Suzanne Collins et Billy Ray. Réalisé par Gary Ross.

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#Posté le jeudi 22 mars 2012 05:29

Modifié le jeudi 22 mars 2012 06:33

LA JEUNE FILLE DE L'EAU M. Night Shyamalan, 2006

LA JEUNE FILLE DE L'EAU M. Night Shyamalan, 2006

--- Détruit, décrié, détesté et moqué par une critique visiblement remontée –les attaques du cinéaste dans le film ont peut-être du y jouer un certain rôle-, La Jeune fille de l'eau est semble-t-il, le vilain petit canard de M. Night Shyamalan (on ne compte pas Le Dernier Maître de l'air, celui-ci semble carrément hors course). Mais six ans après sa sortie, c'est surtout un film qui mérite une seconde chance. Car même si elle n'atteint pas l'excellence du Village ou de Signes, cette petite fable fantastique mérite qu'on s'y attarde... ou pas ?

Dans l'absolu, le film est clairement imparfait, les rebondissements improbables s'enchaînent et donnent l'impression que tout s'est joué à pile ou face au moment de l'écriture du scénario. Mais en prenant un certain recul, on se rend compte que ce n'est pas si grave et surtout, que le film est un peu plus que l'histoire (envoûtante par ailleurs) qu'il raconte. Si le pitch peut enchanter ou faire rire -dans les grandes lignes : le tenancier bégayant d'un vieux motel trouve une nymphe aquatique dans sa piscine et tente de l'aider à regagner son monde de conte de fée-, il est surtout prétexte pour Shyamalan à régler quelques comptes : en embrassant son domaine (le fantastique) de la plus simple des manières possibles, il entend faire sa petite thérapie. Blessé à l'époque par ce que certaines critiques écrivent de lui, il n'hésite pas à se donner un rôle consistant (il joue l'un des habitants de l'immeuble) et par là même à se remettre en question face à ses spectateurs. En gros, et cela peut paraître narcissique, prétentieux et on en passe, il se dit clairement que même si aujourd'hui son talent n'est pas reconnu, il le sera un jour. La modestie se meurt certes, mais tout cela montre surtout l'intériorité d'un cinéaste en doute, et c'est souvent ce qui fait la magie du cinéma : pour lui, pour nous, l'intérêt de le voir se livrer, de voir n'importe qui s'exprimer à travers l'art.

Si mauvaise foi était de mise, on dirait que ce n'est que pour ça que le film se vaut. Mais en fait, non. Car au delà du manque de conviction d'un scénario qui tend à patauger à droite et à gauche ou d'effets-spéciaux qui sentent le petit budget, il n'y a aucun mal à se laisser charmer par l'ambiance du métrage, plongée entre une tendance à la douce mélancolie et une filiation très nette au film policier -la petite enquête de Cleveland, le tenancier-. La mythologie de l'histoire est intéressante et le fait qu'on la découvre petit à petit nous met dans la même position que le personnage principal -très bon Paul Giamatti-, ce qui entraîne une envie d'en être. De plus, les personnages présentés, même sans bénéficier d'un traitement de fond énorme, sont pour la plupart attachants. D'ailleurs, si tant est qu'on laisse de sortie nos coeurs marshmallow, l'esprit d'unisson qui règne dans le film, cette idée de grand groupe soudé face à l'adversité, aura sûrement de quoi nous émoustiller. Ceci est écrit en connaissance de cause, aheum. En tous cas, qu'on adhère à cette petite fresque inoffensive ou non, il restera toujours à La Jeune fille de l'eau deux choses sur lesquelles la discussion ne devrait pas avoir lieu : c'est la bande-originale, définitivement magique, et la prestation mystifiante et pleine d'une douce empathie de Bryce Dallas Howard, qui, au sortir du Village, achève de nous faire tomber amoureux. Il ne reste plus qu'à ce film à part, original, touchant et cathartique, un peu maladroit, à se faire une place dans le coeur de cinéphiles sensibles ou amateurs de douces poésies imagées. Enfin, si ce n'est pas déjà fait. --- ★★★

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Film américain. Fantastique, Drame, Thriller. 1h49. Sortie le 23 août 2006. Avec Paul Giamatti,
Bryce Dallas Howard, Bob Balaban, Freddy Rodriguez.... Ecrit et réalisé par M. Night Shyamalan.

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#Posté le samedi 17 mars 2012 19:47

Modifié le samedi 17 mars 2012 20:33

ON ACHEVE BIEN LES CHEVAUX Sydney Pollack, 1970

ON ACHEVE BIEN LES CHEVAUX Sydney Pollack, 1970

--- Années 30, la dépression économique. Jeune comme vieux, chacun est dans la misère, et il n'existe pas des millions de façons de se faire de l'argent. Une solution cependant, et pas des plus évidentes : un marathon de danse, et sa « jolie » prime de 1 500 dollars. La battante et blasée Gloria décide de tenter sa chance, parmi beaucoup de couples, avec son partenaire Robert, et elle devra tenir longtemps si elle veut espérer pouvoir gagner. Vous pensez avoir affaire à une comédie musicale à tendance dramatique, un West Side Story dont le contexte aurait changé ? Détrompez-vous. Ici se joue un drame terrible, sans une occasion de pousser la chansonnette. Sydney Pollack, en adaptant le livre éponyme de Horace McCoy, fait avec On achève bien les chevaux une critique violente de la société (pas exactement de la sienne, mais quand même) en même temps qu'un film tout bonnement immense.

Ça n'a l'air de rien au début, on lance ça et là des répliques mettant en évidence la situation de ces pauvres gens à leur époque malheureuse, mais on n'imagine pas ce qui les attends. Des heures, puis des jours, d'une danse infinie, seulement coupée par de brèves pauses de deux heures et par des sessions de « Derby », ces moments de course intenses, horriblement prenants, pendant lesquels les trois derniers à la ligne d'arrivée se voient éliminés d'office. Qu'est-ce qu'il manque à ce concept horrible ou chacun doit « écraser » son adversaire ? Une caméra bien sûr. Pas loin d'un Battle Royale ou d'un Hunger Games, le film dessine clairement le profil d'une société qui oblige les individus à se manger les uns les autres pour leur survie, tout en divertissant les plus aisés. Car oui, le marathon dispose de spectateurs, lesquels paient pour voir les autres souffrir, bien évidemment. Un beau parallèle, donc. Et de beaux questionnements : est-ce que tout ça vaut la peine ? Peut-on faire confiance à autrui ? Le film s'intéresse autant à la réflexion qu'à la démonstration, ce qui le rend encore plus passionnant. En plus il n'hésite pas à être excessivement dur et réaliste quand il s'agit de montrer jusqu'où tout cela mène les personnages –hallucinations, folie, craquage, malaise, etc...-, et bien sûr, l'indifférence de la plupart des autres.

Mais pas de tous. Il y a quelques têtes qui se démarquent, notamment et surtout, la vedette Gloria, alias Jane Fonda. L'actrice porte à merveille le film et son personnage, contestataire mais attachant, remporte tous les suffrages (ce n'est pas pour rien qu'une vieille dame de l'audience choisit de la sponsoriser pour augmenter ses chances de gagner). Même si son partenaire, Robert –Michael Sarrazin- est un peu moins expressif et se contente souvent d'être belle gueule, le duo fonctionne et leurs diverses discussions –toutes intéressantes pour définir à la fois les personnages et le contexte dans lequel ils évoluent- sont essentielles à la construction du propos. Un propos qui ne manquera pas de troubler le spectateur, et une fin qui viendra le hanter quelques temps encore après avoir vu le film. Car au fond on le sait bien, il n'y a pas d'utopie, il n'y a pas de fin heureuse possible, et ça le titre et l'affiche nous l'avaient déjà dit. Reste plus qu'à savoir comment tout va finir... Ce qui est certain, c'est qu'il est plus que recommandé de découvrir ce film aussi simple que grandiose, porté, en dehors de son sujet fascinant, par une mise en scène inspirée, par un scénario parfaitement rodé, par des acteurs crédibles, et également par un décor principal joliment banal, qui n'a l'air de rien comme ça mais qui peu à peu se transforme en véritable enfer. On ne verra plus jamais un marathon de danse de la même façon. --- ★★★★(★)

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Film américain. Drame. 2h. Sortie le 2 septembre 1970. Avec Jane Fonda, Michael Sarrazin,
Susannah York, ... Ecrit par James Poe et Robert E. Thompson. Réalisé par Sydney Pollack.

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#Posté le vendredi 09 mars 2012 06:18

Modifié le vendredi 09 mars 2012 19:52

Ses archives (57)

  • Deuxième vitesse - The body snatchers are clueless about Ga'Hoole. mer 29 février 2012
  • MARTHA MARCY MAY MARLENE Sean Durkin, 2012 mar 28 février 2012
  • Deuxième vitesse - J. Edgar et la Reine Margot sont impardonnables. dim 05 février 2012
  • MARIE-ANTOINETTE Sofia Coppola, 2006 sam 04 février 2012
  • L'AFFAIRE THOMAS CROWN Norman Jewison, 1968 mar 31 janvier 2012
  • MILLENIUM - LES HOMMES QUI N'AIMAIENT PAS LES FEMMES David Fincher, 2012 sam 21 janvier 2012
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